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samedi 5 juillet 2014

Pier Giorgio Frassati.

Je n’ai pas eu le temps hier de publier ce billet sur la vie de Pier Giorgio. Nous fêtions, avec toute l’Eglise,  l'anniversaire de sa naissance au ciel, à tout juste 24 ans.

Merci à toi Olivier, d’avoir attiré mon attention sur ce jeune saint d’aujourd’hui, riche d’une joyeuse et forte espérance. J’ai beaucoup aimé ce que j’ai lu sur lui. 

Vie courte mais intense que je vous laisse découvrir par ces quelques lignes.



 Pier Giorgio Frassati est né à Turin, en Italie, le 6 avril 1901. Son père, Alfredo, agnostique, sénateur puis ambassadeur en Allemagne, était le fondateur et le directeur du journal libéral « La Stampa ». 
Sa mère, Adélaïde Amétis, peintre à ses heures, était une femme ferme, au christianisme peu enclin à la ferveur.


Sa sœur Luciana a restitué sans complaisance le climat morose 
- et il en souffrait, comme beaucoup de jeunes aujourd’hui - 
des tristes réunions de famille de leur enfance piémontaise, entre un père conscient de son importance sociale, obstiné et autoritaire, dont l’athéisme corrosif l’empêchait de comprendre la foi ardente de son fils, et une mère qui n’aspirait qu’à une seule chose : se consacrer à la peinture qui la consolait de ses désillusions conjugales.


La mésentente chronique des parents, une vie faite d’interdits et d’isolement, l’agnosticisme du père et la foi imposée du côté maternel et réduite à l’observation scrupuleuse et formelle de quelques règles : rien vraiment ne prédisposait le jeune Pier Giorgio à devenir un garçon pieux et charitable. 
Le jeune garçon était davantage porté à la fantaisie qu’aux études, et son père ne cessait pas de le rabrouer. M. Frassati humiliait souvent Pier Giorgio de ses remarques désobligeantes, proférées sur un ton glacial et agressif.

L’enfant, l’adolescent puis le jeune homme ne s’en effarouchera jamais.
Simplement, il redoublera d’efforts. Tout en respectant toujours ses parents, même lorsque, au fil des ans, le ménage manifeste une mésentente conjugale de plus en plus grande.



Face à cette enfance austère et cette éducation à la dure, Pier Giorgio trouva un exutoire dans la montagne. « Verso l’alto ! » - vers les cimes ! 
Là, il se forgea une force de caractère exceptionnelle, une volonté ardente de se maîtriser et de se surmonter. Son amour de Dieu de son prochain grandit également en lui.

Tout jeune, son esprit était tourmenté par la misère qu’il rencontrait et contre laquelle il tentait de lutter.
Vers l’âge de 5 ans,  une jeune femme frappe à la porte, elle a sur son bras un enfant pieds nus ; Pier Giorgio enlève à l'instant ses chaussures et ses chaussettes, les lui donne, puis ferme la porte et disparaît pour que personne ne reconnaisse son geste.
Un peu plus tard, il brise sa tirelire pour donner aux pauvres ses maigres étrennes, récupère du papier argenté et des timbres pour les missionnaires. 
Alors qu’un pauvre ouvrier sonne à la porte de l’appartement bourgeois du sénateur piémontais, et que son père le met dehors parce qu’il sent l’alcool, Pier Giorgio, désespéré, se met à crier : « C’est peut-être Jésus qui nous l’envoie ! »

À l’école des Jésuites, il vivifia sa foi et fortifia son esprit de charité qu’il nourrissait de l’eucharistie quotidienne fréquentée avec ferveur.

Sa sœur a raconté que, à 16 ans, il s’endormait en priant et se levait tôt pour pouvoir prier. Prier était comme la respiration naturelle de ses journées. Il y trouvait l’antidote à l’atmosphère étouffante de sa famille, et le ressort de son action inlassable au service des pauvres, menée avec amour.

Dès 1918 - il a alors 17 ans -
Pier Giorgio s’investit dans les mouvements catholiques : les équipes Saint-Vincent-de-Paul puis la FUCI (Fédération des Universitaires de l’Action Catholique Italienne). Il y trouve "un réel terrain d’entraînement à la formation chrétienne et des secteurs propices à son apostolat", soulignera Jean-Paul II.
Pier Giorgio Frassati
 
Avec quelques amis, il fonde aussi la société des "Types Louches", dont le mot d’ordre est la convivialité. Fous rires et canulars téléphoniques émaillent les relations de cette joyeuse bande d’amis, bien décidée en outre à venir en aide aux personnes démunies du Turin ouvrier. 

Le jeune homme s’y déplace muni d’un carnet dans lequel il consigne le nom de ses "conquêtes" : des personnes dans le besoin, rencontrées ici ou là. Avec mention de ce en quoi il peut leur venir en aide.

Il se démène alors pour obtenir un lit d’hôpital, une place à l’école ou un logement… Une cascade de démarches à insérer dans l’emploi du temps du jeune étudiant ! Autant de pourparlers avec les autres membres des équipes pour bénéficier de l’argent nécessaire. Le moindre de ses revenus personnels servant illico ses œuvres. Jusqu’au prix des transports en commun qu’il économise pour récolter quelques sous. Il conserve également livres et vieux journaux, fait de multiples quêtes, allant de porte en porte. Le très pragmatique et très enjoué Pier Giorgio parvient ainsi à sortir une multitude de familles et de personnes seules de leur embarras financiers. 
Il devient au passage le compagnon de jeux des enfants, le confident des parents, offrant sa présence sympathique et ses paroles réconfortantes.

Paroles d’encouragements, paroles de confiance. Le jeune bienfaiteur incite encore et toujours à prier.

Pier Giorgo dans le bureau de son père.

En septembre 1921, Pier Giorgio, qui vient d'avoir 20 ans, participe au premier congrès de la Jeunesse catholique italienne, à Rome. Le congrès a l'autorisation de célébrer la messe dans le Colisée le 4 septembre, mais lors de l'arrivée des fidèles au matin, l'autorisation est reportée et les congressistes sont accueillis par la police. Alors qu'ils essaient de déposer une gerbe devant la tombe du Soldat inconnu, la manifestation est interdite par les autorités. 
La police exige que tous les drapeaux soient retirés, mais Pier Giorgio défend celui du Cercle Cesare Balbo. Il finit par être arrêté avec ses camarades et emprisonné. Au cours d'un interrogatoire musclé, les policiers apprennent qu'il est le fils de Alfredo Frassati devenu ambassadeur d'Italie à Berlin. Ils lui présentent leurs excuses et veulent le remettre en liberté mais Pier Giorgio refuse de sortir de prison sans ses camarades, et tous les détenus sont relâchés.

4 années plus tard, soudainement, Pier Giorgio contracte, auprès d’une famille pauvre, une poliomyélite foudroyante qui l’emportera en six jours. On ne décèle pas immédiatement la cause de son mal. Et, tandis que sa grand-mère agonise dans la chambre à côté, on lui reproche son flegme. Traîner au lit alors que son aïeule est mourante ! A 24 ans (en 1925), son témoignage de vie prend toute sa mesure dans ces jours d’épreuve.


Tandis qu’il souffre terriblement, il pense encore à la promesse faite à une personne dans le besoin. Péniblement, il écrit un mot pour que l’argent nécessaire lui parvienne.

Alors, le jour de son enterrement, une foule innombrable de pauvres, d’inconnus en larmes, ceux pour lesquels il s’était tant démené, manifeste la grandeur de Pier Giorgio.


Son rayonnement humble, fervent et joyeux fut tel que sa renommée se répandit en Italie comme une traînée de poudre. On ouvrit très vite son procès de béatification. En 1981 sa dépouille fut reconnue intacte. Il fut béatifié le 20 mai 1990 place Saint-Pierre par Jean-Paul II, qui avait confié à sa garde les JMJ successives. Pour le centenaire de sa naissance, le pape renouvela avec insistance son invitation aux jeunes à se confier à lui pour accomplir leur mission d’évangélisation :  

« Il proclame par son exemple qu’elle est “bienheureuse” la vie conduite dans l’Esprit du Christ, l’Esprit des Béatitudes ; et que seul celui qui devient homme des béatitudes réussit à communiquer à ses frères l’amour et la paix. Il répète qu’il vaut vraiment la peine de tout sacrifier pour servir le Seigneur ; il témoigne que la sainteté est possible pour tous et que seule la révolution de la Charité peut allumer dans le cœur des hommes l’espérance d’un monde meilleur. »

« Son existence de jeune “normal” montre que l’on peut être un saint en vivant intensément l’amitié, l’étude, le sport, le service aux pauvres, dans une relation constante à Dieu. » Jean-Paul II
Le corps de Pier Giorgio repose à la cathédrale de Turin.


Quelques paroles fortes de Pier Giorgio:

« Autour des malades, autour des malheureux, je vois une lumière que nous n’avons pas » .
« Jésus me rend visite chaque jour par la communion, et moi je la Lui rends modestement en visitant ses pauvres ».
« A nous , il n’est pas permis de vivoter ; vivre est notre devoir ! Trêve donc à toute mélancolie ! » 
« Un catholique ne saurait manquer de gaîté ; la tristesse doit être bannie des cœurs catholiques ; la douleur n’est pas la tristesse, qui est une maladie, la pire de toutes ».
« Le jour de ma mort sera le plus beau jour de ma vie ».

 
Bibliographie :
CLAUDE Robert (s.j.), Pier Giorgio Frassati, jeune témoin pour aujourd’hui, Éd. Anne Sigier, Québec, 2002.
FRASSATI Luciana, Pier Giorgio Frassati, les jours de sa vie, Éd. Le sarment Fayard, 1975.
RONDEAU A-S, DE GUIBERT F-X, Pier Giorgio Frassati, l’homme aux huit béatitudes, Paris, 2004.