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 Bienvenue sur mon blog "AUX 2 TABLES", où nourritures terrestres et nourritures célestes se côtoient. Sentez-vous libre de grignoter, goûter, déguster l'une ou l'autre selon votre appétit...

samedi 31 mars 2018

Samedi Saint jour de silence


Pieta Quentin Metsis
Samedi Saint, jour de silence, de vide. Restons auprès de notre Mère Marie. Découvrons, toujours avec les écrits de Maria Valtorta, la souffrance, voir l'agonie de Marie en ce jour. 
Offrons nos prières, nos intentions, nos vies à notre Père par l'offrande douloureuse de Marie.
Extrait:

"- Et maintenant ? Et maintenant ? Maintenant tu as les mains, les pieds, le côté ouvert, maintenant ta chair tombe en lambeaux et ton visage est couvert de contusions. Ce visage que je n'osais effleurer d'un baiser. Ton front et ta nuque sont couverts de plaies et personne ne t'a donné de remède et de réconfort.     


Pieta. Carlo Crivelli  (1430-95)
Regarde mon cœur, ô Dieu qui m'as frappée dans mon Enfant ! Regarde-le ! N'est-il pas couvert de plaies comme le Corps de Celui qui es mon Fils et le tien ? Les coups de fouets sont tombés sur moi comme une grêle pendant qu'on le frappait. Qu'est la distance pour l'amour ? J'ai souffert les tortures de mon Fils ! Que ne les ai-je souffertes moi seule ! Que n'ai-je été moi sur la pierre du tombeau ! Regarde-moi, ô Dieu ! Mon cœur ne suinte-t-il pas le sang ? Voici le cercle des épines, je le sens. C'est une bande qui me serre et me transperce. Voici le trou des clous: trois stylets fixés dans mon cœur.           

 Oh ! ces coups ! Ces coups ! Comment le ciel ne s'est-il pas écroulé à cause de ces coups sacrilèges dans la chair de Dieu ? Et ne pouvoir crier ! Ne pouvoir m'élancer pour arracher l'arme aux assassins et m'en faire une défense pour mon Enfant mourant. Mais devoir les entendre, entendre et ne rien faire ! Un coup sur le clou, et le clou entre dans les chairs vivantes. Un autre coup, et il entre encore davantage. Un autre et un autre et les os et les nerfs se brisent, et voilà transpercée la chair de mon Enfant et le cœur de sa Maman. 


Et quand ils t'ont élevé sur la Croix ? Combien tu dois avoir souffert, Fils Saint ! Je vois encore ta main se déchirer dans la secousse de la chute. J'ai le cœur déchiré comme elle. Je suis contusionnée, flagellée, piquée, frappée, transpercée comme Toi. Je n'étais pas avec Toi sur la croix, mais regarde-la, ta Maman ! Est-elle différente de Toi ? Non. Il n'y a pas de différence de martyre. Et même le tien est fini, le mien dure encore. Tu n'entends plus les accusations menteuses, moi je les entends. Tu n'entends plus les blasphèmes horribles, moi je les entends encore. Tu ne sens plus la morsure des épines et des clous, ni la soif et la fièvre. Je suis pleine de pointes de feu et je suis comme quelqu'un qui meurt brûlé et délirant.        


Marie, Jésus, SainteAnne
Léonard de Vinci (1503-1519)
Si au moins ils m'avaient laissé te donner une goutte d'eau ! Mes larmes, si la férocité des hommes refusait au Créateur l'eau créée par Lui. Je t'ai donné tant de lait, parce que nous étions pauvres, mon Fils, et dans la fuite en Égypte nous avions tant perdu, et nous avions dû nous refaire un toit, des meubles, sans compter les vêtements et la nourriture, et nous ne savions pas combien l'exil aurait duré, ni ce que nous aurions trouvé en revenant au pays. Je t'ai donné du lait au-delà du temps habituel pour que tu ne sentes pas le manque de nourriture. Jusqu'au moment où nous eûmes la chevrette, c'est moi qui fus ta chevrette, enfant de ta Maman. Tu avais déjà tant de dents et tu mordais... Oh ! joie de te voir rire dans tes jeux enfantins !... Tu voulais marcher. Tu étais si sain et si fort. Moi je te soutenais pendant des heures et des heures, et je ne sentais pas se briser mes reins en restant penchée sur Toi, qui faisais tes petits pas et tu disais à chaque pas: "Maman !", "Maman !". Oh ! béatitude de s'entendre chanter ce nom !           

Tu le disais aussi aujourd'hui : "Maman, Maman !" Mais ta Maman ne pouvait que te voir mourir. Je ne pouvais même pas caresser tes pieds ! Tes pieds ? Oh ! même s'ils avaient été à portée de ma main, je n'aurais pu les toucher pour ne pas accroître ton tourment. Comme ils devaient souffrir tes pauvres pieds, ô mon Jésus ! Si j'avais pu monter jusqu'à Toi, et me mettre entre le bois et ton Corps, et t'empêcher de heurter contre le bois dans les convulsions de l'agonie ! Je l'entends encore ta tête frapper le bois dans les derniers sursauts. Et ce bruit, ce bruit me rend folle. C'est comme si j'avais un marteau dans la tête. 

Reviens, reviens, cher Fils, Fils saint ! Je meurs. Je ne puis me faire à cette désolation qu'est la mienne. Montre-moi de nouveau ton visage. Appelle-moi encore. Je ne puis penser que tu es sans voix, sans regard, dépouille froide et sans vie ! Oh ! Père, secours-moi. Jésus ne m'entend pas ! La Passion n'est-elle pas finie ? Tout n'est-il pas accompli ? Ne suffisent-ils pas ces clous, ces épines, ce sang, ces larmes ? Faut-il encore autre chose pour guérir l'homme ?            


Père, je te nomme les instruments de sa douleur et mes pleurs. Mais ceci est ce qu'il y a de moindre. Ce qui l'a fait mourir dans une angoisse surhumaine, a été ton abandon. Ce qui me fait crier, c'est ton abandon. Je ne t'entends plus. Où es-tu, Père saint ? J'étais "la Pleine de Grâce". L'Ange l'a dit : "Salut, Marie, pleine de Grâce, le Seigneur est avec toi, et tu es bénie entre toutes les femmes". Non. Ce n'est pas vrai ! Ce n'est pas vrai ! Je suis comme quelqu'une qui est maudite par Toi à cause de son péché. Tu n'es plus avec moi. La grâce s'est retirée, comme si moi j'étais une seconde Ève pécheresse.

Mais moi, je t'ai toujours été fidèle. En quoi t'ai-je déplu ? Tu as fait de moi ce qui t'a semblé bon et je t'ai toujours dit : "Oui, Père, je suis prête". Les anges peuvent-ils donc mentir ? Et Anne, qui m'a assuré que Tu m'aurais donné ton ange à l'heure de la douleur ? Je suis seule. Je ne trouve plus grâce à tes yeux, je ne te possède plus Toi, Grâce, en moi. Je n'ai plus d'Ange. Mentent-ils donc les Saints ? En quoi t'ai-je déplu, s'ils mentent et si j'ai mérité cette heure ?   

Et Jésus ? En quoi a-t-il manqué, ton Agneau pur et doux ? En quoi t'avons-nous offensé, pour qu'en plus du martyre donné par les hommes, on doive avoir la torture incalculable de ton abandon ? Lui, Lui, ensuite, qui était ton Fils et qui t'appelait de cette voix qui a fait frissonner la Terre et se secouer dans un sanglot de pitié ! Comment as-Tu pu le laisser seul en tant de tourments ? 
          
Pauvre Cœur de Jésus qui t'aimait tant ! Où est la marque de la blessure du Cœur ? La voici. Regarde, Père, cette marque. Ici c'est l'empreinte de ma main entrée dans la large blessure de la lance. Ici... Ici... Les pleurs, le baiser de la Mère, qui a brûlé ses yeux et consumé ses lèvres par les pleurs et les baisers, ne l'effacent pas. Ce signe crie et reproche. Ce signe, plus que le sang d'Abel, crie vers Toi de la Terre. Et Toi, qui as maudit Caïn et as exercé sur lui ta vengeance, Tu n'es pas intervenu pour mon Abel, déjà saigné par ses Caïns, et Tu as permis le dernier outrage ! Tu lui as broyé le cœur par ton abandon et Tu as laissé un homme le mettre à nu, pour que je le voie et que j'en sois broyée. Mais de moi, il n'importe pas. C'est pour Lui, pour Lui, que je fais cette demande et que je t'appelle pour que Tu répondes. Tu ne devais pas...    


Tu ne devais pas... Oh ! Pardon, Père ! Pardon, Père Saint ! Pardonne à une Mère qui pleure son Enfant... Il est mort ! Il est mort mon Fils ! Mort avec le cœur ouvert. Oh ! Père, Père, pitié ! Je t'aime ! Nous t'avons aimé et Tu nous as tant aimés ! Comment as-Tu permis que fût blessé le Cœur de notre Fils ? Oh ! Père !... Pitié pour une pauvre femme. Je délire, Père. Je suis tienne, ton rien, j'ose te faire des reproches ! Pitié ! Tu as été bon. La blessure, l'unique blessure qui ne Lui a pas fait mal, c'est celle-là.      


Ton abandon a servi à le faire mourir avant le coucher du soleil, pour Lui éviter d'autres tortures. Tu as été bon. Tu fais tout dans un but de bonté. Nous sommes nous des créatures qui ne comprenons pas. Tu as été bon. Tu as été bon. Dis-la, mon âme, cette parole pour enlever la morsure de ta souffrance. Dieu est bon et Il t'a toujours aimée, mon âme. Du berceau à cette heure, Il t'a toujours aimée. Il t'a donné toute la joie du temps. Toute. Il t'a donné Lui-même. Il a été bon, bon, bon. Merci, Seigneur, que tu sois béni pour ton infinie bonté. 
Merci, Jésus. Je te dis merci à Toi aussi ! Moi seule l'ai sentie dans mon cœur quand j'ai vu le tien ouvert. Maintenant ta lance est dans le mien et elle fouille et déchire. Mais c'est mieux ainsi. Tu ne la sens pas.  -"