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lundi 2 juin 2014

Sainte Blandine, Saint Pothin et leurs compagnons…


Leur histoire à la fois tragique et pleine de noblesse a impressionné mon enfance. Enfants, nous sommes allés plusieurs fois sur les traces de “nos” martyrs lyonnais en arpentant le théâtre romain de Fourvière.


Amphithéâtre des trois Gaules. Au fond on voit le poteau
placé à l'époque moderne, en évocation des martyrs.
Même si historiquement, ce n’est pas exactement le lieu de leur martyre qui aurait plutôt eu lieu à l’amphithéâtre des Trois Gaules, dont il ne reste aujourd’hui que quelques vestiges.

Mais nos imaginations fertiles, nourrit de ces beaux témoignages transmis de génération en génération faisaient le reste.


Le martyre de Sainte Blandine (en 177) livrée aux lions et ceux d'autres chrétiens de Lyon et de Vienne, fut décrit par des témoins oculaires qui écrivirent une lettre à l'Eglise de Phrygie et d'Asie. Celle-ci fut retranscrite par Eusèbe (265-340) dans son histoire ecclésiastique.


Saint Pothin fut le premier évêque de Lyon. Il venait de l'Asie et avait été formé à l'école de saint Polycarpe, évêque de Smyrne qui l'a envoyé dans les Gaules.

Après avoir gagné un grand nombre d'âmes à Jésus-Christ, Pothin fut arrêté à Lyon sous le règne de Marc-Aurèle. 

Il était âgé de quatre-vingt-dix ans, faible et tout infirme mais son zèle et le désir du martyre soutenaient ses forces et son courage. 
Conduit au tribunal au milieu des injures de la populace païenne, il fut interrogé par le gouverneur, qui lui demanda quel était le Dieu des chrétiens. "Vous le connaîtrez si vous en êtes digne," répondit l'évêque! 
A ces mots, la multitude furieuse se précipite contre lui; ceux qui étaient plus près le frappant à coups de pied et à coups de poing, sans aucun respect pour son âge. Le vieillard conservait à peine un souffle de vie quand il fut jeté en prison, avec de nombreux chrétiens dont Sainte Blandine. Là, il expira peu après, roué de coups.

Le récit du martyre des compagnons de saint Pothin est une des plus belles pages de l'histoire de l'Église des premiers siècles.

Les martyrs de Lyon et de Vienne

Le diacre Sanctus (Vienne) supporta sans faiblir toutes les tortures, au point que son corps était devenu un amas informe d'os et de membres broyés et de chairs calcinées. Au bout de quelques jours, miraculeusement guéri, il se trouva fort pour de nouveaux supplices. Il ne voulait dire à ses bourreaux ni son nom, ni sa patrie, ni sa condition et à toutes les interrogations il répondait: "Je suis chrétien!" Ce titre était tout pour lui. Livré enfin aux bêtes, il fut égorgé dans l'amphithéâtre.

Maturus eut à endurer les mêmes supplices que le saint diacre; il subit les verges, la chaise de fer rougie au feu, et fut enfin dévoré par les bêtes féroces.
Le médecin Alexandre, qui, dans la foule des spectateurs, soutenait du geste le courage des martyrs, fut saisi et livré aux supplices.

Attale
, pendant qu'on le grillait sur une chaise de fer, vengeait les chrétiens des odieuses imputations dont on les chargeait indignement: "Ce ne sont pas, disait-il, les chrétiens qui mangent les hommes, c'est vous; quand à nous, nous évitons tout ce qui est mal." On lui demanda comment s'appelait Dieu: "Dieu, dit-il, n'a pas de nom comme nous autres mortels."

Il restait encore le jeune Ponticus, âgé de quinze ans, et l'esclave Blandine, qui avaient été témoins de la mort cruelle de leurs frères. Ponticus alla le premier rejoindre les martyrs qui l'avaient devancé.


Extrait de la lettre d'Eusèbe:
Eglise de Pont-de-Roide (25)

En la personne de Blandine, le Christ montra que ce qui paraît aux yeux des hommes sans beauté, simple, méprisable, est digne, aux yeux de Dieu, d’une grande gloire à cause de l’amour qu’on a pour lui, 
cet amour qui se montre dans ce qu’on est capable de faire et ne se vante pas d’une apparence extérieure. 

Nous tous, en effet, nous avions craint, et avec nous sa maîtresse – laquelle était aussi engagée dans le combat et au nombre des martyrs – que Blandine, dans cette lutte, ne soit pas capable, à cause de sa faiblesse physique, de faire avec assurance sa confession de foi. 

Mais Blandine fut remplie d’une telle force qu’elle épuisa et fit capituler tous ceux qui successivement la torturèrent de toutes les façons, du matin au soir. 
Eux-mêmes se reconnaissaient vaincus, ne sachant plus quoi lui faire, et ils s’étonnaient qu’elle respirât encore, quand tout son corps était brisé et ouvert. 
Ils avouaient qu’une seule espèce de ces tortures était suffisante pour arracher la vie à quelqu’un ; à plus forte raison, des tortures si cruelles et si nombreuses ! 

Cependant la bienheureuse, comme une courageuse athlète, trouvait une nouvelle jeunesse dans la confession de sa foi. C’était pour elle une reprise, un repos, un apaisement dans tout ce qui lui arrivait, que de dire : « Je suis chrétienne et chez nous il n’y a rien de mauvais ».

Basilique Notre-Dame de Fourvière. Lyon 

Envoyée dans l'arène avec ses compagnons, elle les exhortait à garder leur foi malgré les supplices.
"Blandine,  Sanctus, Maturus et Attale furent conduits à l'amphithéâtre. Blandine fut attachée à un poteau, exposée aux bêtes féroces lâchées dans l'amphithéâtre. Les autres chrétiens, dans leur supplice, l'entendaient prier à haute voix. Il leur semblait voir, en regardant leur sœur, celui qui a été crucifié pour nous. Celui qui souffre pour le Dieu vivant ne fait qu'un avec le Christ.

Aucune bête n'attaqua Blandine. A la fin de la journée on égorgea Maturus et Sanctus, qui survivaient à peine à leurs blessures et on remit Blandine en prison. 

Cachot de Sainte Blandine. Crypte de la chapelle de l'Antiquaille, Lyon.
Blandine, rayonnante de joie, fut torturée avec une cruauté particulière, puis livrée à un taureau. Elle fut bien des fois projetée en l'air par les cornes de l'animal, mais on aurait dit qu'elle ne se rendait compte de rien. 
Elle ne pensait qu'à Jésus Christ. N'étant toujours pas morte, les romains décidèrent de l'achever à l'épée. Les païens eux-mêmes reconnaissaient que jamais une femme n'avait enduré de telles souffrances.


Amphithéâtre des trois Gaules le 10/05/1986
 Le Pape Jean-Paul II lors de son voyage apostolique en 1986 à Lyon déclara : " Ils n'ont pas voulu renier Celui qui leur avait communiqué sa vie et les avait appelés à être ses témoins.

Nous savons qu' ils sont nombreux aujourd'hui encore, et dans toutes les parties du monde, ceux qui subissent les outrages, le bannissement et même la torture à cause de leur fidélité à la Foi chrétienne.
En eux le Christ manifeste sa puissance.
Les martyrs d'aujourd'hui et les martyrs d'hier nous environnent et nous soutiennent pour que nous gardions nos regards fixés sur Jésus."


Source: Christroi
Sources chrétiennes