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dimanche 28 décembre 2014

La présentation au Temple.

Fête de la Sainte famille.
Cantique de Syméon 
Aert de Gelder (1645–1727)
ÉVANGILE – Luc 2, 22 – 40
22 Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse
pour la purification,
les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem
pour le présenter au Seigneur,
23 selon ce qui est écrit dans la loi :
Tout premier-né de sexe masculin
sera consacré au Seigneur.
24 Ils venaient aussi offrir
le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur :
un couple de tourterelles ou deux petites colombes.
25 Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon.
C’était un homme juste et religieux,
qui attendait la Consolation d’Israël,
et l’Esprit Saint était sur lui.
26 Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce
qu’il ne verrait pas la mort
avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.
27 Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple.
Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus
pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait.
28 Syméon reçut l’enfant dans ses bras,
et il bénit Dieu en disant :
29 « Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.
30 Car mes yeux ont vu le salut,
31 que tu préparais à la face des peuples :
32 lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël. »
33 Le père et la mère de l’enfant
s’étonnaient de ce qui était dit de lui.
34 Syméon les bénit,
puis il dit à Marie sa mère :
« Voici que cet enfant
provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël.
Il sera un signe de contradiction
35 – Et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – :
ainsi seront dévoilées
les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »


Giovanni Bellini, Kunsthistorische Museum,Vienne
36 Il y avait aussi une femme prophète,
Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser.
37 Elle était très avancée en âge ;
après sept ans de mariage,
demeurée veuve
elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans.
Elle ne s’éloignait pas du Temple,
servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.
38 Survenant à cette heure même,
elle proclamait les louanges de Dieu
et parlait de l’enfant
à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
39 Lorsqu’ils eurent achevé
tout ce que prescrivait la loi du Seigneur,
ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
40 L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait,
rempli de sagesse,

et la grâce de Dieu était sur lui.




La présentation de Jésus au Temple par ses parents est pour Syméon, cet homme juste et pieux, l'occasion d'un cantique d'action de grâce.
Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur aller en paix, selon ta parole, car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples, lumière qui se révélera aux nations, et gloire de ton peuple Israël.
     Quels sont les sentiments profondément humains qui se dégagent de cette prière d'un vieillard, au soir de son existence, et qui tient dans ses bras la vie naissante, nouvelle, promue à un avenir? De la lassitude, de l'amertume face aux jours qui déclinent, de la crainte d'être mis à l'écart, de la tristesse, du pessimisme? Non, Syméon accueille dans l'émerveillement, dans la joie et dans la paix ce moment qu'il vit et où Dieu se manifeste.

     Syméon est en paix car il se considère comme un « serviteur » aux pieds de son Maître à qui il reconnaît un droit absolu. Il a servi le Seigneur au Temple, malgré la fatigue des jours, voire certaines oppositions. Mais il n'a jamais cessé de croire à la fidélité de Dieu. Et en toute confiance, il attend la mort, cette heure où il sera congédié de son service.

     Syméon est inondé de paix, car il voit, en la présence de l'enfant que Marie et Joseph présentent au Temple, le signe du salut de Dieu. À n'en pas douter, cet homme de prière a des yeux qui savent lire, un cœur pour interpréter les signes donnés, une foi en Dieu qui ne déçoit pas, une foi qui ne se replie pas sur elle-même, mais qui embrasse Israël et tous les peuples.

     Enfin, l'action de grâces de Syméon indique bien que son cœur est comblé. Lui qui a attendu toute sa vie le serviteur qui serait la lumière des païens (Isaïe 42,646,1349,6) désigne le salut qu'apportera cet enfant par les mots de « gloire » et de « lumière ». Or l'Ancien Testament n'accorde à personne la gloire, sinon à Dieu. Et la lumière sera une caractéristique des temps ultimes (Isaïe 60,19). Or Jésus sera la Lumière du monde. Pour Syméon donc, il s'agit bien du don suprême qui dépasse tous les autres dons de Dieu, et son cœur est dans la paix.

     La prière de Syméon (le Nunc dimittis) décrit bien l'attitude d'âme que tous et toutes sont appelés à développer au fil des jours et des années. Cette capacité d'accueillir le caractère toujours nouveau du salut donné; cette ouverture à Dieu et à son amour, qui, au-delà des apparences, nous établit dans la paix.

Méditation de Julienne Côté.
(Montréal)